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Le Bauhaus et le design contemporain : une filiation directe
Le design Bauhaus contemporain, c’est une expression qu’on n’entend pas souvent. Et pourtant, l’école de Weimar puis de Dessau, active de 1919 à 1933, est probablement la référence la plus citée dans le design d’intérieur d’aujourd’hui.
Ses quatorze années d’existence ont produit une méthode, une philosophie, une vision des objets qui continue d’informer les designers de manière directe. Pas comme une inspiration nostalgique. Comme un système de pensée encore opérationnel.

Le principe le plus connu du Bauhaus est aussi le plus souvent mal compris. « La forme suit la fonction » n’est pas une invitation au minimalisme vide. C’est une invitation à penser la forme à partir de l’usage plutôt que de la décoration.
Une chaise doit permettre de s’asseoir confortablement. Une table doit offrir une surface stable et adaptée. Ces contraintes fonctionnelles dirigent le design vers des formes plus justes, plus épurées, plus durables.
Dans le design Bauhaus contemporain, ce principe reste central. Les pièces les plus pertinentes aujourd’hui sont celles qui répondent parfaitement à leur usage sans ornement superflu. La chaise Hauteville de Lyon Béton en est un exemple direct : une coque en béton fibré qui épouse la forme du corps, des pieds en fer à béton apparents. Rien de caché, tout justifié.
Le Bauhaus a théorisé ce que Le Corbusier mettait en pratique dans l’architecture : montrer les matériaux tels qu’ils sont. L’acier reste de l’acier. Le bois reste du bois. On ne simule pas, on ne plaque pas, on ne décore pas pour cacher.
Cette posture est fondatrice du design Bauhaus contemporain. Elle explique pourquoi le béton brut, le métal apparent, le bois massif reviennent si fortement dans les intérieurs d’aujourd’hui. Ces matériaux ne prétendent pas être autre chose. Ils assument leur nature.
Le mobilier brutaliste prolonge exactement cette tradition. Le béton n’est pas revetu, pas teinté pour ressembler à la pierre ou au marbre. Il est béton, et il le montre.

L’école Bauhaus a développé un vocabulaire visuel fondé sur les formes élémentaires : le carré, le cercle, le triangle. Des formes que tout le monde reconnait. Elles transcendent les cultures et les époques.
Ce vocabulaire géométrique est omniprésent dans le design Bauhaus contemporain. Les volumes cubiques, les lignes franches, les structures épurées qui dominent le mobilier d’aujourd’hui en sont directement hérités.
Le système Dice d’Alexandre Dubreuil illustre cette filiation. Des cubes en béton, form géométrique la plus simple qui soit, empilables, combinables. La richesse naît de la combinaison des formes simples, pas de leur complexification.
L’une des tensions fondatrices du Bauhaus était celle entre l’artisanat et l’industrie. L’école cherchait à réconcilier les deux : créer des objets qui ont le soin et le caractère des pièces artisanales, mais qui peuvent être produits en série et accessibles au plus grand nombre.
Cette tension reste très présente dans le design Bauhaus contemporain. Les marques de mobilier design d’aujourd’hui naviguent exactement entre ces deux pôles : une fabrication attentive, souvent manuelle ou semi-manuelle, pour des objets qui gardent un caractère unique tout en étant reproductibles.
C’est exactement la logique de Lyon Béton. Chaque pièce est coulée à la main. Deux pièces issues du même moule ne seront jamais identiques. L’artisanat est dans le processus, même si la forme est standardisée.

Le Bauhaus avait une ambition sociale. Créer des objets bien conçus, durables, accessibles. Des objets qui ne se démodent pas parce qu’ils ne suivent pas les modes. Des objets qui traversent le temps parce qu’ils sont fondés sur des principes plutôt que sur des tendances.
Le design Bauhaus contemporain porte cette même ambition. Dans un contexte où la sur-consommation de mobilier est devenue un sujet environnemental sérieux, la philosophie Bauhaus résonne différemment. Acheter moins, mais acheter mieux. Des pièces conçues pour durer vingt, trente, cinquante ans.
Le béton fibré utilisé par Lyon Béton correspond exactement à cette logique. C’est un matériau de permanence, pas de tendance.

Le Bauhaus aujourd’hui : pas un style, une méthode
C’est peut-être là la distinction la plus importante. Le Bauhaus n’est pas un style qu’on peut apposer sur un objet. C’est une méthode de pensée : partir de la fonction, choisir les matériaux pour ce qu’ils sont, construire des formes qui ont du sens.
Quand un designer aujourd’hui choisit de laisser le béton brut visible, de ne pas cacher les pieds en fer à béton, de créer des volumes géométriques simples et combinables, il ne s’inspire pas du Bauhaus. Il continue le Bauhaus.
Pour aller plus loin sur l’histoire du Bauhaus et son influence sur le design contemporain, la Fondation Bauhaus Dessau archive l’ensemble des travaux de l’école.

Qu’est-ce que le Bauhaus ?
Une école d’art, d’artisanat et d’architecture fondée en Allemagne en 1919 par Walter Gropius. Active jusqu’en 1933, elle a profondément influencé le design, l’architecture et les arts visuels du XXe siècle et continue d’informer le design contemporain.
Quelle est la philosophie du Bauhaus ?
Allier la forme et la fonction, montrer les matériaux tels qu’ils sont, utiliser un vocabulaire géométrique universel et réconcilier l’artisanat avec la production industrielle. En résumé : créer des objets bien conçus, honnêtes et durables.
Le brutalisme est-il lié au Bauhaus ?
Oui, de manière directe. Le brutalisme architectural des années 50-70 prolonge plusieurs principes Bauhaus : l’honnêteté des matériaux, la visibilité de la structure, le refus de l’ornement superflu.
Quels designers contemporains s’inspirent du Bauhaus ?
Nombreux. Parmi ceux qui travaillent avec Lyon Béton, Alexandre Dubreuil et Bertrand Jayr partagent cette philosophie : des formes simples, des matériaux bruts, une fonctionnalité claire.
Comment reconnaitre un meuble d’inspiration Bauhaus ?
Formes géométriques épurées, matériaux apparents et honnêtes, absence d’ornement inutile, logique fonctionnelle visible. Un meuble Bauhaus dit ce qu’il est et fait ce qu’il doit faire.
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